François est un jeune professeur de français dans un collège difficile. Il n'hésite pas à affronter Esmeralda, Souleymane, Khoumba et les autres dans de stimulantes joutes verbales, comme si la langue elle-même était un véritable enjeu. Mais l'apprentissage de la démocratie peut parfois comporter de vrais risques.
L'énergie est le maître mot, ce sur quoi le film s'appuie pour croire que rien n'est perdu. Energie débordante d'une jeunesse peu « gauloise », multiculturelle, plurielle, qu'on a rarement filmée avec une telle attention positive. Lorsque Esmeralda, Souleymane, Khoumba ou Boubacar s'expriment, ce sont aussi leur visage, tout leur corps qui entrent en action - s'ils n'ont pas tous le niveau scolaire requis, au moins ont-ils la santé. Entre les murs est un film non seulement parlant, mais aussi très physique, au plus près des regards, des gestes, des pantomimes. Il dégage quelque chose de très charnel et de pudique à la fois, de musical et de chorégraphique. Comme si l'important, pour Cantet, n'était pas de sonner vrai mais juste. (...) Cette justesse s'accompagne d'un art de la nuance. Personne ici n'est invariable. Jacques Morice - Télérama