Au milieu d'une campagne calme et désertique s'étend à perte de vue une autoroute inactive, laissée à l'abandon depuis sa construction. Au bord du bitume, à quelques mètres seulement des barrières de sécurité, se trouve une maison isolée dans laquelle vit une famille. Les travaux vont reprendre et on annonce l'ouverture prochaine de l'autoroute à la circulation...
On songe au Polanski débutant : celui de Répulsion et de Cul-de-sac, pour le sens de l'inquiétude et de la dérision. Références superflues, en fait, puisque la plus grande qualité de Home, c'est d'être parfaitement original. Ursula Meier a réussi une fable gorgée de couleurs vives et d'entrelacs mystérieux, de pistes qu'elle propose d'emprunter, sans jamais nous forcer à les suivre... On sent, chez elle, un plaisir à inventer, à tenter, à surprendre. A provoquer, même. A faire réfléchir, en tout cas - juste comme ça, en passant - sur une société tentée davantage par l'asphyxie que par la survie. A sa façon, Home est, évidemment, un conte moral. Pierre Murat - Télérama